Les contes de la fille perchée

Site d'Aurélie Wellenstein

En coulisses : le choix du titre d’un roman

Comme je l’évoquais dans un précédent billet, mon prochain roman à paraître chez Magnard a pour nom de code « Les chevaux de la ville fantôme ». J’étais très contente de ce titre. Il s’était imposé à moi de façon naturelle et je trouvais qu’il évoquait bien toute une partie de l’histoire : à savoir, la présence de chevaux sauvages dans la zone déserte qui entoure la centrale nucléaire accidentée de Tchernobyl.

Mais après vérification, argh ! ce titre est déjà pris, et pas par n’importe qui puisque c’est l’un des tomes de la Cabane magique qui le porte.

Il fallait donc trouver un nouveau titre. Exercice redoutable, mais dont le résultat est tellement important pour un roman…

Pas très inspirée, j’ai proposé à mon éditeur « le cheval de la ville fantôme », mais ma petite entourloupe grammaticale était un peu grosse… Ce n’est pas passé !

Il fallait nous creuser la cervelle…

D’emblée, l’équipe de Magnard a pensé à « Les chevaux de Tchernobyl ». Le problème, c’est que c’était trop proche de mon précédent roman « Chevaux de foudre ». Il sonnait comme une sorte de suite bizarre. Nous avons donc continué à chercher.

J’aime beaucoup les titres longs, amples, voire en forme de phrase comme par exemple  « N’oublie pas les chevaux écumants du passé » (Christiane Singer). Tellement badass !!!  Du coup, emportée par mon élan, j’ai proposé cette phrase issue du Petit Prince : « Cependant quelque chose rayonne en silence ».
Bon, j’avoue que c’était plutôt étrange !

Toute l’équipe éditoriale s’est alors livrée à un vrai brainstorming pour m’aider à trouver un beau titre qui claque. A la relecture du roman, la directrice de collection a relevé des mots, des expressions issus du texte qui pouvaient incarner l’histoire, être suffisamment fidèles à ses idées et en même temps, séduisantes, curieuses, énigmatiques.

Alors que nous suions sang et eau, mes amis me soufflaient des idées loufoques : « Crinières irradiées », « Un galop à Tchernobyl », « Nous ne galoperons plus ensemble » ou bien encore « Les canassons du bon Dieu devraient tous porter des combinaisons anti-radiations »… A vous tous : merci pour votre aide précieuse ! 😀

Avec l’équipe de Magnard, nous avons donc fait une liste d’expressions, des choses très différentes. Quelques unes mettaient en valeur la dimension « cheval » du roman. Notamment, « Les chevaux du silence » ont longtemps retenu mon attention, car je trouvais qu’en plus d’être poétique, ce titre mettait en avant le silence qui entoure la catastrophe de Tchernobyl, le non-dit, l’oubli. Et puis, il y avait une opposition intéressante entre le fracas de mon précédent titre (la foudre) et ici, le silence… Dans le même genre, on m’a soumis :
– Qui se souvient de toi, Tchernobyl ?
ou :
– Dans le silence de Tchernobyl
Mais j’aimais moins, je trouvais que ça manquait de « chair », d’incarnation physique, bref de personnage.
Cela dit, plusieurs de mes amis avaient aimé :
– Les ombres de Tchernobyl
Moi aussi. Mais ce titre était déjà pris… par le jeu vidéo S.T.A.L.K.E.R ! (décidément, la vie est très contrariante ^^)

Et puis, au détour de notre liste, il y avait cette proposition toute simple :
– La fille de Tchernobyl
Un titre bien balancé, un peu décalé, opposant un côté grave et un côté léger.

Et là, on a su qu’enfin, oui !! On le tenait !

 

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  1. Dis donc, quel brainstorming en effet ! Pas si simple finalement le choix d’un titre… En tout cas, le thème est prometteur et nul doute qu’il sera lui aussi dans ma collection ! Et même s’il s’était appelé « Les canassons du bon Dieu devraient tous porter des combinaisons anti-radiations  » 😉

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